Lundi 28 janvier 2008
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Par Laurent Neumann
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Publié dans : MARSEILLE 2008
Voici un article publié dans le numéro 562 de Marianna de cette semaine par Laurent Neumann:
"Ce que les lecteurs de "La Provence" n'ont pas le droit de savoir...
La semaine dernière, le journal La Provence a refusé de diffuser dans ses colonnes une annonce publicitaire de Marianne concernant les
élections municipales à Marseille. Motif invoqué par la régie publicitaire du quotidien régional: le titre de notre enquête "Pourquoi Marseille mérite mieux que Gaudin" était politiquement
gênant.
Amis lecteurs de la région marseillaise, faites-le bien savoir autour de vous: la Provence ne veut pas déplaire à la mairie, quitte à
censurer une pub qui, soit dit en passant, ne cassait pas trois pattes à un canard! Même le Figaro se demande si Jean-Claude Gaudin n'est pas entrain de faire le combat de trop. Mais la Provence
, elle, a renoncé depuis longtemps à se poser ce genre de questions...
En Réalité, depuis que le groupe Hachette a fusionné le Provençal (de gauche) et le Méridional (de droite), les citoyens phocéens n'ont
plus droit qu'à un seul son de cloche politique. En Novembre 2005, déjà, Marianne avait consacré une longue enquête consacré à "Marseille, une ville qui s'enfonce." Aussitôt, la Provence s'était
fendue d'un éditorial vengeur, dénonçant le parisianisme crasse de notre reporter qui n'était passé dans la ville qu'en touriste. Manque de chance, le journaliste en question avait été pendant
trois ans correspondant permanent de la Tribune à Marseille...
Quelques mois plus tard, la Provence, toujours, avait refusé d'annoncer dans ses pages l'existence d'un débat organisé par Marianne au
Théâtre Toursky, à Marseille sur la laïcité, débat qui rassembla malgré tout plus de 1000 personnes. Mieux, au nom de la pensée unique, le quotidien refusa même de diffuser la publicité payante
que nous nous proposions d'acheter.
En août 2007, Hachette a vendu la Provence au groupe Hersant (Ainsi que Nice-matin, Corse-matin, Var-matin et Marseille plus), mais rien
n'a changé. Nous ne pouvions rêver meilleure démonstration des dangers que génère la mainmise totale d'un seul et même groupe sur la presse d'information de toute une région.
La Provence n'informe ses lecteurs que de ce qui ne gêne pas le pouvoir politique local. Il suffit juste de le savoir et de le
faire savoir..."