Dimanche 15 juillet 2007
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Par Sylvain Morazzani
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Publié dans : Economie
Dominique Strauss-Kahn est donc le candidat européen à la direction du Fonds Monétaire International. Sa
nomination n’est pas gagnée et il y encore du monde à convaincre. Cependant, cette décision peut paraître surprenante. Cela amène trois
questions :
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Pourquoi sa candidature a-t-elle été proposée et annoncée comme telle par Nicolas
Sarkozy ?
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Le FMI est-elle la place pour un dirigeant socialiste ?
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Cela marque t-il un retrait de la politique française de sa part ?
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Les médias français ont oublié beaucoup d’éléments dans l’annonce de cette candidature. Ce n’est pas seulement
de leur faute. En état de grâce, le président de la République, très habile dans la manoeuvre, a cependant oublié beaucoup de choses. Avec son ego surdimensionné, omnubilé par sa nouvelle lubie
de l’ouverture, Nicolas Sarkozy a oublié pourquoi Dominique Strauss-Kahn est apparu incontournable au niveau européen pour ce poste. Il a oublié que le socialiste français avait beaucoup
travaillé en particulier avec Anton Brender sur la mondialisation, qu’il a été ministre des finances en même temps que Gordon Brown de 1997 à 1999, que c’est un ami de Romano Prodi qu’il est
allé soutenir à Rome en Avril 2005 pour les législatives, qu’il est très apprécié en Allemagne pour être le représentant de la social-démocratie française, que Jean-Claude Junker l’a soutenu
très fortement et a été le premier à penser à lui. Tout cela pour dire que DSK était un sérieux candidat déjà dans la tête de nombreux dirigeants
européens bien avant que Nicolas Sarkozy ne s’en occupe. C’est l’inverse de tout ce que l’on a bien voulu nous dire. Cependant, relevons que le nouveau président a accepté de soutenir
activement cette candidature.
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Le FMI ne serait pas la meilleure institution pour un socialiste. N’en déplaise à Henri Emmanuelli, la place
d’un socialiste sera toujours là où il sera possible de changer les choses en étant utile pour les socialistes. Ce n’est pas en restant dans son idéologie et en prônant le contre quelque chose
sans arrêt que l’on fera avancer les choses. Les socialistes prennent leurs responsabilités, toutes les responsabilités. Le FMI a plutôt l’image d’un club libéral dévastateur pour les pays en
voie de développement : j’en conviens bien volontiers. Cependant, c’est un instrument dont nous devons nous saisir pour changer les choses. C’est comme pour l’OMC, d’un côté les alter
mondialistes sont pour la suppression de cet organe, les autres ultra-libéraux voudraient que cette institution permette seulement le libre-échange. Je préfère voir Pascal Lamy en être le
dirigeant et essayer de faire avancer les dossiers avec toutes les difficultés attachées (il faut le reconnaître aussi). Un socialiste au FMI, si
cela se réalise, permettra vraiment de répondre à des questions essentielles et de faire du FMI un nouvel outil de gouvernance : quels seront les emplois de demain ? Quelles relations
entre l’industrie et la finance ? Quelle place des banques ? Quels rapports Nord-Sud ?
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Cette réponse à cette deuxième question donne des éléments pour répondre à la troisième. Ce n’est pas un retrait de la vie politique française. C’est simplement une nouvelle
expérience dont il faut se saisir. Cela permettra à la France de se confronter à la mondialisation. Il ne faut pas la nier mais saisir « la chance ». C’est ce qui revient beaucoup
dans les discours de DSK. Comme le disait le chroniqueur économique d’Europe 1, « si l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont en avance sur la France, c’est parce qu’ils ont réussi à devenir
spécialistes sans concurrent dans un domaine bien particulier : les machines-outils pour les premiers, la finance pour les second. Cela prend du temps de construire une telle
économie. » La rejeter ou en accepter tous les défauts n’est pas utile. Comprendre la mondialisation, l’influencer comme nous le pourrons,
y entrer de plein pied sont les voies de la réforme pour l’économie de notre pays. C’est donc riche de cette expérience que DSK avec
l’appui d’une gauche moderne pourra éventuellement revenir présenter un projet de progrès aux Français en phase avec le monde d’aujourd’hui et de demain.